3 questions à ... Sophie Cristini Quintana, directrice de MOD'SPE Paris

Trois questions à Sophie Cristini Quintana

Directrice de MOD’SPE Paris, Fashion business school de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin créée en 1993, Sophie Cristini Quintana défend une formation professionnalisante aux métiers du commerce, du marketing et de la communication pour le secteur de la mode  avec une vision à 360°. Structure à taille humaine, située au cœur de Paris, MOD’SPE Paris dispense des diplômes enregistrés au Répertoire National de la Certification Professionnelle : cinq Bachelors pour un niveau opérationnel et quatre Mastères avec une vision stratégique et internationale. Autre spécificité : une volonté de promouvoir la mobilité à l’international pour les étudiants français mais aussi étrangers à travers des partenariats avec des universités, notamment aux États-Unis. Une stratégie engagée qui porte ses fruits puisque, aujourd’hui, MOD’SPE Paris, ce sont 1 000 anciens, placés dans les entreprises de la mode, dans des domaines allant de l’industrie à la commercialisation. Zoom sur les axes clés de ce succès.

 

Ces dernières années avez-vous constaté des évolutions dans les métiers du commerce, du marketing et de la communication dans le secteur de la mode ?

Oui, le marché connaît des mutations importantes. Désormais, les entreprises sont en quête de collaborateurs polyvalents, elles cherchent des « couteaux suisses », expression qui revient souvent.  Par ailleurs, il y a une double demande en termes de compétences. Le secteur a l’œil sur des gens très qualifiés en matière de connaissances de toute la chaîne de production et de distribution, de plus en plus complexe. Et il y a aussi des besoins en matière de traitement de la data qui touche, là aussi, tous les aspects du secteur, des achats à la gestion de la relation client en passant par le marketing.

 

Comment adaptez-vous vos enseignements face à ces mutations ?

Afin d’enrichir nos programmes, nous sommes en permanence en contact avec les entreprises. Ce lien permet d’anticiper leurs besoins. C’est pourquoi, le digital, l’intelligence artificielle, les Fashion Tech ruissellent dans tous nos blocs d’enseignement. Bien sûr, ces nouvelles compétences complètent les socles fondamentaux (réseaux de distribution, supply chain, sourcing…) qui sont toujours essentiels. Nos étudiants suivent aussi des cours de stylisme, de modélisme, d’infographie, afin de développer leur sensibilité créative mais aussi de connaître les contraintes et les profils de leurs futurs interlocuteurs. Un étudiant qui sort d’une école de commerce va avoir d’excellentes compétences mais il n’aura pas été formé aux spécificités du monde de la mode comme le sont nos étudiants.

Nous voulons aussi répondre aux attentes de nos étudiants avec, à partir de la rentrée 2019, une ouverture à l’alternance proposée dès le bac + 2. Nos étudiants, tous issus de la génération Z, souhaitent passer à l’action et sont en demande de cette organisation qui permet de mettre en pratique en entreprise les connaissances théoriques acquises à l’école. L’alternance, c’est aussi un véritable atout pour les entreprises. C’est une façon de capitaliser sur de jeunes talents. Par souci d’économies immédiates, nombreuses sont celles qui privilégient les stages. Pendant 6 mois, elles forment un étudiant qui repartira et elles passent à un autre… C’est beaucoup de temps perdu donc d’argent sur le long terme. L’alternance est un véritable outil de fidélisation : elle permet d’investir sur un étudiant pendant 12 à 24 mois, de lui transmettre une culture corporate, des attentes précises et ainsi, au final, d’avoir dans la structure un professionnel parfaitement efficace et motivé. Car cette génération Z que l’on considère comme volatile, ne demande finalement qu’à être véritablement impliquée pour s’investir.

 

La dimension durable et responsable est-elle aujourd’hui incontournable dans vos enseignements ?

La RSE, au même titre que le numérique, l’intelligence artificielle ou la Fashion Tech, est incontournable. Elle s’impose aux entreprises de mode via les contraintes légales mais aussi via le consommateur qui est en quête de vêtements fabriqués de manière éthique à partir de matières produites de façon durable. Nous avons toujours eu des enseignements liés à la RSE mais cette année, nous avons décidé d’insister plus encore sur cet enjeu (marketing vert, green budgeting…), avec une progressivité au fil des années. Deux intervenantes expertes sont dédiées à ces thématiques. Il est évident que nos étudiants doivent participer à la nécessaire réinvention de la mode. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui choisissent des sujets de mémoire autour de la RSE, et cela, souvent à la demande des entreprises qui sont à la recherche de nouvelles pistes et solutions.