3 questions à ... Guillaume Delacroix, fondateur de DLX Paris

Il y a quatre ans, après avoir notamment fait ses armes au sein du bureau de presse KCD, chez Giorgo Armani et Balenciaga, Guillaume Delacroix, lançait, avec son associé Wassim Saliba, son bureau de presse parisien, DLX Paris. L’équipe devient vite incontournable dans le milieu de la mode. A tel point que DLX ouvre, en septembre 2018, un deuxième bureau à New York. Un succès rapide qui s’explique par un important réseau stratégique et une véritable capacité à anticiper les mutations et les enjeux de la communication des marques du secteur. Rencontre avec un visionnaire.

 

La communication des marques de mode a beaucoup changé ces dernières années. Quels ont été les bouleversements majeurs ?

Il y a eu, en effet, de nombreuses évolutions, mais le plus gros bouleversement, et peut-être le plus surprenant, c’est que les marques, désormais, communiquent de façon autonome, sans intermédiaire. Il y a encore 5 ans, pour véhiculer son image, on se rapprochait des médias au sens large. Aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux, les marques peuvent faire cela directement. Et évidemment, cela a entraîné des changements. Mais, il faut cependant noter que si les influenceurs permettent de vendre des produits, les marques doivent continuent à raconter des histoires, et pour cela, elles ont toujours besoin de la presse. Car, en 2019, plus que jamais, le consommateur veut acheter des produits qui le valorisent parce qu’ils véhiculent justement un véritable message.

 

Quels sont aujourd’hui les enjeux en matière de communication pour les marques de mode ?

Quand nous avons lancé le bureau, il y a 4 ans, l’un de nos premiers clients était un site de vente en ligne. Nous avons donc, dès le début, dû réfléchir à des stratégies résolument digitales et tournées vers le consommateur final. Nous sommes donc nés avec ces composantes qui sont désormais les enjeux de la communication des marques. Il est, en effet, aujourd’hui, indispensable d’intégrer le consommateur final dans tout ce que nous faisons. Il faut pouvoir apporter aux marques des solutions de recrutement de clientèle. Dans cette optique, nous imaginons de plus en plus de projets avec des partenaires… Nous nouons des relations B to B désormais centrales pour enrichir les data bases.

 

Instagram est le réseau social incontournable en matière de communication : pourquoi ? Comment en tirer les meilleur profit ?

Le développement d’Instagram est allé très vite et on voit, depuis son rachat par Facebook, une volonté croissante de commercialiser cette plateforme. Instagram est ainsi la source d’un bombardement d’images et de publicités constantes et permanentes. Ce qui va déclencher et nourrir une forme d’aversion. Aujourd’hui, il est encore nécessaire pour les marques de coordonner toutes les actions avec les posts et les story Instagram car c’est devenu une plateforme de vente directe. Ainsi le sac qui sortira en presse doit avoir au même moment une visibilité sur Instagram. C’est crucial. Il faut systématiquement synchroniser les RP avec le travail sur la plateforme pour une action à 360 °. Mais cela ne nous empêche pas de réfléchir à l’après Instagram car nous savons que bientôt les consommateurs vont s’en détourner. On constate aujourd’hui qu’il faut connecter les marques « physiquement » au consommateur pour avoir un retour immédiat sur investissement, soit en termes de ventes, soit en termes de collecte d’informations et de datas. L’expérience devient un outil de plus en plus prisé. On va convier le consommateur ou, selon ses objectifs, les acteurs de l’industrie de la mode, à vivre des moments inattendus, à expérimenter des choses inaccessibles. Ainsi, nous avons apporté des activitations autour d’influenceurs, de la presse, de responsables recrutement et programmation pour le pop-up store Shiseido ou encore l’exposition Burberry.

L’objectif est de maximiser l’expérience physique en s’appuyant sur la technologie digitale et la captation des datas.