La Mode en danger

Sans que l’on sache d’où vient cette idée, l’administration de Bercy s’est mise en tête de réduire encore les ressources, déjà rares, d’une pièce maîtresse de notre écosystème : le DEFI.

Voulu et mis en place à la demande des professions, et avec leur concours, le DEFI est un organisme qui aide plusieurs centaines d’entreprises chaque année. La Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, aux côtés d’autres acteurs, participe très activement à la gouvernance du DEFI et au choix des actions financées.

Alors que notre profession bénéficie du soutien réel, sans précédent, de l’Elysée et du Ministère de la Culture, qui, par leurs actions depuis plus d’un an, ont démontré leur attachement à notre secteur, certains tentent de nous affaiblir en pointant du doigt le DEFI, qui est au cœur du dispositif d’appui professionnel aux entreprises.

Le DEFI, sans qu’il soit possible ici de décrire de manière exhaustive ses actions, finance, chaque année les participations de plus de 500 opérations (dont plus de 300 en prêt à porter féminin) sur les salons de New York, Berlin, Londres, Milan, Kiev, Moscou, Shanghai ou Taïwan, ainsi que de nombreuses autres actions à l’international, notamment les rencontres avec des agents et show-rooms que nous invitons à Paris et auxquelles vous êtes nombreux à participer.

Le DEFI dynamise le secteur en assistant les efforts de la profession pour soutenir le développement des jeunes (et moins jeunes) marques de création afin que Paris demeure la capitale mondiale incontestée de la mode. Il concourt à la préservation, à la transmission et à la valorisation des savoir-faire en soutenant partout en France des institutions dont l’écho national et international n’est plus à démontrer (Musée des Arts Décoratifs à Paris, Festival International de la Mode à Hyères, FashionTechDays à Lille etc.). Il favorise l’innovation tant technologique que digitale. Il participe à l’adaptation des entreprises et à l’émergence des start-up innovantes à la frontière de la création et de l’innovation. Il favorise également la transition écologique et éthique…

Bref, le DEFI est indispensable. Il est la pierre angulaire d’un écosystème complexe qui fait que la France est le pays de la mode et que Paris est la capitale de la création.

Or, contrairement à toutes les assurances données en public récemment par les plus hautes autorités de l’Etat, et notamment le Ministre de l’Economie, il semble bien qu’un certain nombre de responsables de l’Etat envisagent de s’attaquer à très court terme à ce dispositif – qui a pourtant fait les preuves de son efficacité – en diminuant de manière substantielle ses ressources (alors même qu’il s’agit de l’argent des entreprises!) et en le fusionnant avec d’autres organismes qui n’ont ni le même but ni la même organisation, pour des objectifs assez difficiles à comprendre.

Il va donc falloir probablement, une fois de plus, nous mobiliser tous ensemble pour nous faire entendre et préserver un dispositif d’appui efficace que nous avons construit et qui contribue très fortement à la compétitivité de toute la filière de la mode française.

La Fédération multiplie actuellement, avec ses partenaires, toutes les démarches utiles, y compris au plus haut niveau de l’Etat, à cet effet. Je vous en reparle très vite !

 

Pierre-François le Louët
Président de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin