3 questions à . . . Paul Mouginot, co-fondateur de DACO

Paul Mouginot, co-fondateur de DACO

 

S’il a fait des études parisiennes d’ingénieur à CentraleSupélec, suivant en parallèle un master en management à L’ESCP-Europe, le jeune homme d’origine savoyarde a toujours été passionné par la mode. Raison pour laquelle il crée en 2010 une agence de photo, collaborant alors avec des designers et des magazines tels Purple, L’Officiel ou Vogue. Jeune diplômé en 2014, Paul Mouginot devient consultant en direction générale chez Advancy, un cabinet spécialisé, entre autres, dans le retail mode et beauté. Cette expérience professionnelle lui donne un background solide pour créer daco en septembre 2016, l’une des toutes premières startups proposant une application concrète de l’intelligence artificielle dans la mode, en fournissant aux entreprises un outil de veille concurrentielle de pointe.

 

Parlez-nous de daco. Quel est son mode de fonctionnement ?

L’un des enjeux pour aider les marques à toujours mieux se démarquer, c’est de les aider en premier lieu à comprendre ce que fait la concurrence. Et c’est tout simplement le service que nous proposons. Stratégies de prix, analyses des promotions, typologies des produits… Via des robots qui explorent le web, nous proposons à nos clients un outil informatique sur lequel ils vont pouvoir se connecter et jongler avec toutes les infos collectées. On segmente et on classe des millions d’informations afin que des produits comparables, mais de marques différentes ou présentés différemment en fonction des sites, soient étudiés dans la même catégorie. Par exemple, nous savons identifier des « robes courtes à manches longues » comparables chez plusieurs marques. C’est l’intelligence artificielle qui nous permet d’analyser toutes ces images, et c’est essentiellement cette reconnaissance d’image qui permet d’être aussi raffinés dans l’analyse et d’avoir une approche mode qui parle parfaitement aux marques.

 

Qui sont vos clients ? Pourquoi font-ils appel à vos services aujourd’hui?

Nos clients sont des enseignes et des marques de mode, des marketplaces ou des cabinets de conseil. Aujourd’hui, la concurrence est telle entre les marques d’une même gamme de prix que la bataille se joue à l’euro près. Ainsi, pour ne pas perdre de parts de marché, il est indispensable, chaque début de saison, d’être extrêmement bon sur les prix, et par la suite sur les promotions.

 

Depuis nos débuts en septembre 2016, notre société est financée à 100% par notre croissance. Nous n’avons pas encore eu besoin de lever des fonds. L’engagement se traduit soit par une seule mission, soit par un abonnement. On rend les données disponibles en accès illimité sur une plateforme, elles sont ajustables en fonction de la demande du client et actualisées à intervalles réguliers -jusqu’au temps réel si nécessaire.

 

Quelle est votre vision de l’industrie de la mode ? Quel est son avenir ?

Les consommateurs sont de plus en plus experts. Ils sont très bien informés sur tous les univers de marques, connaissent les matières, s’intéressent de plus en plus à la qualité et aux méthodes de production, font attention à l’histoire d’une maison, à l’engagement éthique… Les gens se cultivent plus, et tant pis si c’est uniquement sur Internet ! Conséquence : leur expertise impose aux marques une proposition toujours plus pointue.

 

Une mode à deux vitesses est en train de se dessiner. D’un côté, il y a une partie rapide qui pousse à la consommation, bercée par l’accélération du volume des collections. Résultat ? Dès que le moindre besoin se fait ressentir, il doit être satisfait dans la minute. De l’autre, je ressens chez de nombreux jeunes créateurs le développement d’une dimension beaucoup plus intellectuelle, qui avait certes déjà existé il y a quelques années mais qui avait été un peu étouffée. Si certains refusent de céder à la pratique du “see now buy now“ (préférant travailler à leur propre rythme), d’autres réfléchissent à des collections intemporelles, se concentrent sur la qualité ou sur l’écologie. Je suis vraiment optimiste quant à l’avenir du secteur.

 

De nombreuses mesures sont prises chaque année en France dans le domaine de l’innovation. Je suis aux premières loges pour observer ce rayonnement de la fashion tech française à l’international, qui ne cesse de s’étendre depuis plusieurs années. Les jeunes créateurs de mode intègrent désormais les nouvelles technologies à leur travail : les collections sont, l’air de rien, de plus en plus sophistiquées. L’air de rien car on ne voit pas toujours la technologie. Et c’est exactement cette discrétion dans l’intégration qui caractérise l’excellence à la française. 
L’utilisation des nouvelles technologies dans la mode, c’est d’ailleurs le thème du workshop que nous allons animer à l’occasion du salon Traffic*, sur lequel nous présenterons notre solution pendant les deux jours du salon, les 4 et 5 avril prochains.

 

* Traffic, est un salon de services pour les marques de mode, organisé par la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin. 
Rendez-vous les 4 & 5 avril prochains au Carreau du Temple. 
Pour commander votre badge : salontraffic.com 
Accès gratuit pour les marques de mode