3 questions à . . .

3 questions à Jean-Philippe Boudy, fondateur de FashionNetwork  

En 2001, Jean-Philippe Boudy, passionné de photographie, de mode et d’Internet, décide d’abandonner ses études de géophysique à l’Université de Jussieu pour lancer FashionJobs.com, le premier site d’emplois créé pour les professionnels de la mode. En 2003, l’aventure continue et le jeune chef d’entreprise lance FashionMag.com, le site d’information gratuit destiné lui aussi à la fashion sphère. En 2016 : changement de nom, de logo et de design. FashionMag.com devient FashionNetwork.com, qui préfigure de nouvelles activités de mise en relation entre les professionnels.  

Quels sont les fondamentaux de la newsletter FashionNetwork ? Quels sont ses partis-pris ?
La base de données de ses abonnés développée depuis 16 ans, c’est elle l’élément fondamental de FashionNetwork.com. Mais aussi son réseau de journalistes, leurs expertises et cette faculté à mixer les informations locales à celles de l’international. Tous les jours, 750 000 professionnels reçoivent une de nos newsletters. Et tous les jours, nous publions 300 articles du monde entier. On jongle avec dix langues (français, anglais, italien, espagnol, allemand, russe, chinois, japonais, portugais et turc), et produisons actuellement quinze newsletters quotidiennes envoyées aux quatre coins de la planète. Quarante journalistes travaillent pour FashionNetwork.com, ils seront soixante-dix d’ici deux ans. Nous sommes en train de construire la plus grande rédaction mode B2B dans le monde. FashionNetwork.com est un pure-player, la publicité B2B ainsi que FashionJobs.com nous permettent d’être indépendant, de nous financer et de nous développer toujours plus à l’international.  

A travers FashionJobs, comment voyez-vous l’évolution du marché du travail dans la mode ? Y a-t-il de nouveaux profils ?
Aujourd’hui, FashionJobs.com est devenu le numéro un mondial du secteur : plus de 6000 entreprises utilisent nos petites annonces, ce qui représente 18 000 offres d’emploi par mois réparties dans cinquante pays. Pourtant, le secteur de la mode va plutôt mal dans les pays occidentaux. En cause ? L’effondrement des prix de l’habillement depuis 10 ans, et l’apparition de leaders internationaux de la distribution qui asphyxient les leaders nationaux. Nous constatons une baisse des volumes de recrutement dans les métiers de la création et du produit. A l’inverse les métiers tournés vers internet, la logistique et la distribution ont toujours le vent en poupe. Autre constat : le statut de freelance devient peu à peu une évidence pour les petites entreprises, surtout les profils polyvalents qui cumulent les compétences.  

On constate toutefois qu’en tant que spécialiste des secteurs de la mode, de la beauté et surtout du luxe, nos candidats intéressent l’ensemble de l’industrie. Car aujourd’hui, beaucoup d’entreprises hors de la modosphère désirent recruter une personne qui a une expérience et une expertise fashion. C’est le cas, entre autres, de Citroën, Monoprix ou Nespresso, trois entreprises qui cherchent à dégager une image tendance et pointue, dans un secteur où on ne les attend pourtant pas. Pareil pour beaucoup de boutiques de déco qui proposent de plus en plus d’espaces dédiés à la mode. FashionJobs.com est une communauté qui vend un service. Donc quand on parle de “mode“, c’est dans le sens de la tendance, c’est-à-dire un nouveau produit à la page. Pour mieux répondre à la demande, nous avons lancé récemment la rubrique « Art de Vivre » qui couvre la décoration, l’art de la table, l’hôtellerie et l’épicerie fine.  

Votre présence est internationale : comment la mode française est-elle perçue à l’international ?

La mode française est à l’image de la cuisine française : haut de gamme, créative et pointue. Et c’est une qualité comme un défaut. Ce n’est pas forcément ce qui se vend le mieux, mais c’est un rayonnement international précieux.