3 questions à . . . Priscilla Jokhoo Directrice du Service Entreprises de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin

La Fédération Française du Prêt à Porter Féminin met en place une offre de services dédiée aux différents leviers de financement. En complément de son dispositif d’accompagnement individuel, elle lancera en 2015 une série de petits déjeuners pédagogiques axés sur les produits financiers.

Tour d’horizon avec Priscilla Jokhoo, Directrice du Service Entreprises de la Fédération.

Pour l’année 2015, vous annoncez une refonte de l’offre du service entreprises de la Fédération en accentuant beaucoup plus votre accompagnement sur les produits bancaires, pourquoi ?

Parce que l’argent reste le nerf de la guerre ! Au-delà de ce constat évident, nous nous sommes basés sur notre expérience : en une année, nous accompagnons environ 150 entreprises de mode que ce soit de manière collective lors de mini séminaires, ou individuelle lors des séances d’accompagnement personnalisées. Trois grandes thématiques reviennent à chaque fois dans les demandes des chefs d’entreprise : l’optimisation du business model, la stratégie de distribution et le financement. Sur cette dernière thématique, nous savons que nombre d’organismes bancaires ont un a priori négatif sur les entreprises de mode, les jugeant comme appartenant à un secteur sinistré. Or, ce n’est pas le cas. En 10 ans, le profil des entreprises accompagnées par la Fédération a beaucoup changé : elles sont dynamiques, créatives et ont une croissance forte.

Dès lors, il est capital, à ce jour, de faciliter le dialogue avec les organismes financiers. Par ailleurs, au cours des dernières années, beaucoup de banques ont modifié leur manière de s’adresser aux entrepreneurs en instaurant, à l’instar de HSBC, des centres d’affaires. Les interlocuteurs ont donc changé. Quant aux entrepreneurs, ils ont souvent des habitudes de « consommation » de produits bancaires et se privent de certains services par manque de temps et/ou d’informations.

Comment va se matérialiser cette nouvelle offre de services plus accentuée sur l’aide au financement des entreprises de mode ?

Il ne s’agit pas d’une nouvelle expertise pour nous. C’est ce que la Fédération fait déjà depuis plusieurs années lorsqu’elle accompagne de manière individuelle les entreprises. Aujourd’hui, nous aidons ces entreprises à préparer leurs dossiers de demandes de prêts, nous leur présentons les différents organismes, nous calculons avec eux leurs besoins de crédits… Nous servons de médiateur avec les banquiers lorsqu’il y a rupture de dialogue. Ce dispositif d’accompagnement personnalisé va demeurer et se renforcer. Cependant, au travers de nos échanges avec les chefs d’entreprises, nous avons pris conscience qu’il fallait leur apporter plus de pédagogie autour de l’offre des leviers de financement.

Les dispositifs bancaires sont nombreux, parfois complexes et s’emploient en fonction de l’évolution de votre business, de vos commandes, des marchés que vous souhaitez privilégier en France ou à l’international. Difficile pour un chef d’entreprise qui a le nez dans ses collections de s’y retrouver entre les facilités de caisse, le découvert, le crédit de campagne, la lettre de crédit, les banques, la BPI, les aides des régions… C’est pourquoi, nous allons organiser en 2015 une série de petits déjeuners axés essentiellement sur la partie gestion et financière de l’entreprise de mode.

Et concrètement, comment vont s’organiser ces petits déjeuners de la Fédération dédiés à la gestion et au financement des entreprises ?

Notre but est d’être des intermédiaires, des « interprètes » entre l’ensemble des outils de financement existants et les entreprises de mode. Aujourd’hui, au travers de l’accompagnement individuel, nous avons noué des relations privilégiées avec beaucoup d’organismes. Ce sont donc les personnes clefs de ces organismes qui vont venir expliquer les multiples dispositifs de financement. Nous commencerons par un focus sur un produit bancaire précis et par la suite, les entrepreneurs de mode pourront interagir directement avec ces responsables tout en étant dans le « cocon » de la Fédération.

Au-delà ou, en complément des grandes enseignes bancaires, il existe d’autres dispositifs comme la Banque de la Mode, la BPI, les factors… Nous fonctionnerons alors sur le même schéma. Un responsable opérationnel viendra expliquer de manière pédagogique son fonctionnement et les entrepreneurs pourront lui poser toutes leurs questions. Le tout dans une démarche de réseau, de recommandations portée par la Fédération. Par ailleurs, de nombreux autres projets sont à l’étude afin de poursuivre cet accompagnement des entreprises de mode et renforcer notre offre par rapport à leurs besoins.