3 questions à . . . Dominique Jacomet Directeur Général de l’Institut Français de la Mode

Dominique Jacomet a pris la direction de l’IFM en 2007 après avoir occupé diverses fonctions dans l’industrie de la mode, en particulier comme membre du directoire de Lacoste (Devanlay SA) et administrateur de nombreuses sociétés. Il a aussi été président de l’Association européenne du textile et de l’habillement (Euratex).

Quels sont les domaines d’activités de l’IFM ?

L’IFM est né en 1986 de la volonté des professionnels et du Ministère chargé de l’industrie pour développer un nouveau type d’enseignement supérieur qui décloisonne le management et la création et qui s’adresse à des étudiants ayant déjà au moins 4 années de formation académique dans des disciplines variées : management, design, formation d’ingénieurs ou universitaires.

L’Institut, membre de la Conférence des grandes écoles, est reconnu par l’Etat et délivre un diplôme d’Etat pour son principal Programme de Management. Plus de 160 étudiants, chaque année, s’y forment aux métiers de la mode au sens large, aux industries créatives. Des collaborations fructueuses se sont nouées avec ESCP Europe, La Fabrique (l’ESIV notamment), HEC, ENSCI, Paris 1 Sorbonne…

L’IFM est également un centre de formation continue avec une palette de formations sur-mesure et un centre de recherche appliqué sur la mode, le luxe et le design dans ses aspects sociologiques et économiques : étude du comportement des consommateurs, des marchés et de la distribution, avec son Observatoire économique.

L’IFM s’est installé dans les Docks – Cité de la Mode et du Design fin 2008, en quoi cela a-t-il marqué une nouvelle étape dans la vie de l’Institut ?

Pour une école, le lieu est important. L’IFM s’est installé dans un site qui, non seulement, lui permet d’accueillir davantage d’étudiants et de séminaires de formation permanente, mais qui incarne la modernité et la transversalité. La mode n’est pas seulement une industrie, c’est aussi un système qui tend à se diffuser dans de nombreux secteurs économiques. La mode est partout. Les Docks expriment cette réalité.

Aux Docks, l’IFM s’est encore plus ouvert sur son environnement grâce à sa bibliothèque bien fournie et largement accessible, grâce aux nombreux colloques, conférences, évènements, manifestations qui permettent aux professionnels du secteur de se retrouver, d’échanger, mais aussi de prendre le temps de la réflexion et de se procurer des informations utiles à l’exercice de leur métier en pleine mutation.

Cette ouverture se manifeste aussi par davantage de cursus d’enseignement supérieur : trois programmes de management, un programme de design avec trois majeures possibles : vêtements, accessoires et image, mais aussi une université d’été pour les lycéens et les étudiants de premier cycle pour leur permettre de mieux s’orienter dans l’univers de la mode.

L’ouverture, c’est essentiel, ce sont des bourses d’études : 40% de nos étudiants bénéficient d’une aide financière afin d’allier sélectivité et diversité des profils dont les entreprises ont besoin.

Quels sont vos projets pour l’avenir de l’IFM ?

Poursuivre sur la voie du développement international. Nourrir des liens plus étroits avec nos partenaires que sont la Bocconi à Milan, University of Arts à Londres (London College of Fashion et Central Saint Martins), FIT à New York, Tsinghua et Hong Kong PolyU en Chine… Mais aussi accueillir davantage d’étudiants internationaux qui sont attirés par la mode française et par Paris. Ils accompagneront le développement international des marques françaises. Nous comptons parmi nos étudiants, 33 nationalités.

S’adapter sans cesse aux nouveaux besoins des entreprises et des professionnels dans notre activité de formation en mettant plus l’accent sur le retail management, le digital, la créativité, mais aussi le savoir-faire productif qu’il soit artisanal ou industriel ; en mettant davantage de travaux, d’informations en ligne ; en accompagnant les designers qui veulent faire grandir leur entreprise naissante par des formations spécifiques individuelles et collectives. Cela vaut aussi pour nos activités d’études, en améliorant nos outils d’analyse de l’évolution du marché, de la consommation et de la distribution.