3 questions à . . . Patricia Brafman Directrice de l’International à la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin

L’Asie est un eldorado pour les marques de prêt-à-porter à condition de bien comprendre les spécificités de chaque pays. Le point avec Patricia Brafman, une observatrice des marchés internationaux de la mode, qui organise en mai prochain une mission au Vietnam et à Singapour.

Pourquoi une mission de prospection à Singapour et au Vietnam ?
Le Vietnam, qui connaît un développement croissant de son pouvoir d’achat, apprécie la mode européenne et de nombreuses marques sont déjà implantées à Hô Chi Minh Ville et Hanoï. Les Vietnamiens entre 20 et 25 ans sont de grands amateurs de mode et consacrent 46 %* de leur budget mensuel dans l’habillement. Quant à Singapour,il s’agit de l’un des pays les plus riches d’Asie qui possède une population aisée prête à dépenser des sommes importantes dans le prêt-à-porter. Des marques françaises comme Anne Fontaine ou Léonard ont déjà conquis cette population. C’est une vitrine commerciale incontournable, ainsi qu’un tremplin vers les pays de l’Asie du Sud-Est et vers l’Australie. Ces éléments montrent qu’il y a un fort potentiel pour les marques françaises et il faut d’ors et déjà se positionner. Nous proposons donc aux marques de PAP désireuses de prospecter de nouveaux marchés de rencontrer des distributeurs, des agents, des importateurs, des grands magasins et des boutiques multimarques …
*sondage réalisé par Vinatex en 2009

Les marchés asiatiques sont-ils difficiles à conquérir ?
Pour réussir à s’implanter, il faut faire preuve de persévérance, d’une bonne connaissance de la culture du pays et développer un partenariat avec un interlocuteur fiable et sensible au produit. Tous les pays asiatiques ne s’abordent pas de la même façon. Il existe des marchés très différents selon que l’on parle du Japon, de la Corée ou de la Chine. L’essentiel repose sur la compréhension de l’autre. Il faut oublier ses propres certitudes et s’adapter à ses interlocuteurs. On vend au Japon si l’on prend en compte la rigueur et la minutie du client japonais. De la même façon que l’on vend en Chine si l’on fait preuve de patience face à une distribution chinoise pas encore vraiment structurée. Le point fort actuellement est l’intérêt de plus en plus important des contacts locaux pour nos marques. A titre d’exemple, la dernière édition du salon Chic Pékin, du 26 au 29 mars dernier, a rassemblé 42 entreprises, contre 30 en 2011, sous la bannière du pavillon français Paris Forever de la FFPAPF. La plupart des exposants sont repartis avec des contacts sérieux, des commandes non négligeables, et des contrats divers : ouvertures de magasins et corners, contrats de direction artistique pour des marques chinoises, contrats avec des agents… Enfin, il y a des exemples à suivre comme Didier Parakian, Tara Jarmon, Etam, La Fée Marabouté, Morgan… des marques milieu/haut de gamme très dynamiques qui sont déjà très présentes en Asie et notamment en Chine et au Japon.

Quels sont les pays les plus porteurs en Asie ?
La Chine, le Japon bien sûr mais aussi le Vietnam, Singapour, la Thaïlande et l’Indonésie. Certains de ces pays sont en pleine croissance et comptent souvent une classe aisée dépensant des sommes considérables pour les vêtements, mais aussi une classe moyenne émergente attirée par la mode européenne et sensible à la French Touch et au Made in France. De façon générale, à l’international, la mode française bénéficie d’une excellente réputation qui permet notamment à nos marques de justifier de prix plus élevés.

Pour tout renseignement sur la mission Singapour/Vietnam du 21 au 25 mai 2012:
Patricia Brafman
Fédération Française du Prêt à Porter Féminin
Tél. 01 44 94 70 80
pbrafman@pretaporter.com
www.pretaporter.com

Photo: Nicola Gleichauf / Pixelformula