3 questions à . . .

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Chantal Baudron, fondatrice du cabinet de recrutement Chantal Baudron

Chantal Baudron a créé sa société en 1980 et a fait de son cabinet de recrutement l’un des plus reconnus dans la mode, la distribution et le luxe. À la croisée des chemins, son métier lui permet d’être en contact permanent avec les besoins des entreprises en ressources humaines et avec des candidats dont les parcours semblent de plus en plus riches.

Comment voyez-vous le secteur de la mode aujourd'hui? Quels changements majeurs avez-vous observé ces dernières années?
La mode est un concept de plus en plus large. Elle englobe des produits de nature très différente. C’est un concept transversal. Du côté de la distribution, cela inclut les succursalistes, les marques enseignes mais aussi le luxe. Aujourd’hui, on note une prédominance des marques enseignes aux dépens des marques. Quand on se rend en province, c’est flagrant. Il y a une vraie uniformisation de la distribution alors qu’avant, il y avait une plus grande diversité de marques. C’est conjoncturel. Ce constat est lié à la baisse du nombre de multimarques et à une baisse de la consommation. Nos clients, les marques, qui vendent en wholesale, souffrent de cela.
Ce qui est nouveau, c’est l’apparition ou le renforcement de la notion d’expérience client. Cela doit être mis en parallèle avec le développement du digital. Auparavant, les magasins, les enseignes se souciaient bien sûr de l’accueil des clients, mais désormais, l’expérience client est au cœur de leurs préoccupations.

Quels sont les nouveaux métiers de la mode? Quels sont les profils préconisés pour ces métiers?
Le digital a généré beaucoup de nouveaux métiers, des métiers qui n’existaient pas il y a encore cinq ans. L’e-commerce est un secteur qui crée de l’emploi. Il est en pleine croissance même si le luxe n’y est allé que du bout des lèvres au départ. Tout cela va de pair avec la distribution cross canal, multi canal ou omni canal qui consiste à faire converger les différents canaux de distribution. Le client ne voit rien de tout ce qui se fait dans les coulisses mais pour lui, c’est important de jouer avec tous les canaux. Cela corrobore le concept d’expérience client. Les marques, les enseignes, s’orientent toutes vers cela.
On observe l’émergence de nouveaux métiers comme le chief digital officer, ou « CDO », qui conduit la digitalisation de l’entreprise. Il définit les process qui permettront la synergie entre les différents canaux (rémunération des vendeurs, par exemple). En fait, c’est une sorte de responsable CRM avec plus de compétences puisqu’il gère les données internes et externes à l’entreprise. Or les données sont très nombreuses sur internet. Avec le digital, le CRM se concentre beaucoup sur l’expérience client. On a assisté à la création du marketing client alors qu’avant le marketing était lié avant tout au produit.

Et les métiers comme ceux liés au sourcing ont-ils évolué ?
Oui, ils ont un peu évolué. Le directeur de l’offre, par exemple, a un caractère plus global comparé au directeur de produit. Il va être également responsable du marketing, du merchandising. Sinon, les métiers du sourcing restent l’apanage des acheteurs, des chefs de produits, des sourceurs. Mais là aussi, il y a une nouvelle donne. Nous en avons discuté encore récemment avec notre partenaire chinois. D’usine du monde, la Chine est devenue aussi un grand marché. Quand les entreprises sont allées en Asie, elles ont dans un premier temps envoyé des cadres européens ensuite, la Chine a formé ses propres cadres. A l’heure actuelle, on embauche sur place des cadres locaux.
Nous notons aussi une confirmation du phénomène de relocalisation. Comme les coûts deviennent plus élevés en Chine, les entreprises se tournent davantage vers le Bassin Méditerranéen, le Maghreb, la Turquie, et l’Europe de l’Est, Pologne, Hongrie, Bulgarie ou la République Tchèque, en particulier pour les pièces à manches.
Le sourcing occupe toujours une place prépondérante dans le secteur. C’est étroitement mêlé à la fonction de supply chain qui est parfois intégrée au bureau d’achat des entreprises.

Comment sont recrutées les équipes de management ou de création dans la mode ? Les Français sont-ils particulièrement recherchés pour certains postes dans le secteur?
Les entreprises font état d’une volonté de constituer des équipes internationales. Avant, c’était plus un souhait qu’une réalité. Par exemple, les salaires proposés par les entreprises françaises étaient 30 % inférieurs à ceux proposés par les entreprises allemandes. Aujourd’hui, la demande d’équipe internationale s’est accentuée et se concrétise. Les Français ne sont donc pas recherchés en priorité. Dans les faits, on achète une performance en recrutant et, en général, on recrute localement. Aujourd’hui, les marques, les enseignes les plus grandes comme les PME cherchent vraiment à embaucher des personnes de nationalités ou d’origines différentes pour enrichir leurs équipes et se mettre au diapason du marché. De notre côté, quand on recrute un cadre dans le secteur, il est évident qu’il doit parler anglais et être orienté vers l’international.

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